Vocabulaire

L’antonomase

C’est le procédé par lequel de nombreux personnages et lieux de mythologie grecque et latine sont entrés dans le français commun sous forme de noms communs :

Amazone
  • Adonis. Il était d’une grande beauté et fut aimé par deux déesses :  Aphrodite et Perséphone, qui se disputèrent son amour.

Un adonis : un jeune homme très beau

  • Les Amazones. Elles étaient un peuple de femmes du Caucase. Leur passion principale était la guerre.

Une amazone : une femme guerrière

  • Apollon. Un autre dieu très beau. Celui-ci fil de Zeus et de Léto.

Un apollon : un homme très beau

Apollon
  • Argus. Il avait une infinité de yeux sur tout le corps.

Un argus : une publication qui fournit des renseignements spécialisés. Ex. l’argus de l’automobile

  • Un béotien : un habitant de la Béotie (réputés par leur lourdeur)

Un béotien : un personnage lourd, peu ouvert, aux goûts grossiers

  • Cassandre. Tout au long de la guerre de Troie elle fit de funestes prédictions que personne ne voulait croire.

Une cassandre : une personne pessimiste, qui annonce des malheurs

Cassandre
  • Cerbère. Le chien de l’Hadès, un chien à plusieurs têtes qui gardait l’empire des morts et en interdisait l’accès aux vivants.

Un cerbère : un portier, un gardien sévère et intraitable

  • Chimère. Animal fabuleux qui tenait de la chèvre et du lion.

Une chimère : une vaine imagination

  • Dédale. Architecte et inventeur qui se vit confier la construction du Labyrinthe, un palais aux couloirs compliqués dans lequel Minos enferma le Minotaure

Un dédale : un lieu où l’on risque de se perdre à cause de la complication des détours, un ensemble de choses embrouillées, ex. le dédale administratif

Dédale
  • Écho. Nymphe des bois et des sources. À sa mort, elle devient une voix qui répète les dernières syllabes des mots que l’on prononce

L’écho : phénomène de réflexion su son par un obstacle qui le répercute

  • Égérie. Nymphe de Rome qui passait pour avoir été la conseillère du roi Numa. Elle lui donnait rendez-vous la nuit et lui dictait sa politique religieuse

Une égérie : une conseillère, une inspiratrice.

  • Les Harpies. De génies ailés. Ce sont des ravisseurs d’âmes et d’enfants

Une harpie : personne avide, rapace, une femme méchante, acariâtre

  • Hercule. Le plus célèbre des héros de toute la mythologie. Il se distinguait par sa vigueur et sa beauté. Il accomplira en douze ans des travaux irréalisables pour le commun des mortels : les douze travaux d’Hercule

Un hercule : homme d’une force physique exceptionnelle

Hercule
  • Mentor. Ami fidèle d’Ulysse à qui il confia le soin de veiller sur l’éducation de son fils et sur ses intérêts

Un mentor : un conseiller sage et expérimenté

  • Le Pactole. Le roi Midas avait reçu le don de transformer tout ce qu’il touchait en or. Mais, il s’aperçut bien vite qu’il ne pouvait ni manger ni boire car tout se transformait en or. Dionysos l’en guérit en lui disant de se laver dans les eaux du fleuve Pactole qui, depuis ce jour-là, restèrent chargées de paillettes d’or

Un pactole : une source de richesse, de profit

  • Stentor. Dans L’Iliade, Stentor était un guerrier qui criait comme 50 hommes.

Une voix de stentor : voix forte, retentissante. Un stentor : un homme à la voix forte

  • Les Titans. Six enfants mâles d’Ouranos, le Ciel, et de Gaïa, la Terre. Ils étaient des dieux primitifs doués d’une force prodigieuse.

Un titan : un géant. Titanesque : gigantesque, démesuré.

Grammaire

L’aspect

L’aspect est la manière dont s’expriment le déroulement, la progression et l’accomplissement de l’action.

Elle permet de cerner au plus près l’utilisation d’un temps plutôt qu’un autre, et au-delà, bien entendu, l’intention d’un auteur lorsqu’il emploie telle forme verbale plutôt qu’une autre.

Une forme verbale appelle des commentaires sur son mode (à déterminer parmi les modes personnels comme l’indicatif, le subjonctif…ou les modes impersonnels, comme l’infinitif…), son temps (qui permet de situer l’action dans la chronologie), sa voix (passive ou active), son aspect.

L’aspect se confond parfois avec le temps, puisque la désinence du verbe nous renseigne à la fois sur l’un et l’autre. Cependant, l’aspect va indiquer non pas quand le procès se déroule, mais plutôt comment s’opère son déroulement : le procès est-il en cours, touche-t-il à sa fin ?

1. La notion d’aspect grammatical

L’aspect peut être identifiable dans les formes verbales elles-mêmes.

a. Accompli / inaccompli

Tout procès verbal a un déroulement et un terme, un début et une fin. S’il est vu en cours de déroulement, donc pas encore terminé, on dira que l’aspect est non accompli.

Il est interdit de fumer. (On voit bien que cette interdiction est valable au moment où l’on accroche la pancarte, lorsqu’on la lit des jours, des semaines après, et que c’est toujours valable !)

Si le procès est vu au moment où son terme est avéré, on peut alors parler d’un aspect accompli.


Elle a arrêté de fumer. (On voit bien qu’au moment où cette vérité est énoncée, le sujet a vraiment arrêté de fumer, sa vie de fumeuse est révolue, elle appartient au passé !)

b. Global / sécant

On peut aussi envisager d’analyser le procès sous un autre angle de vue.

Le procès peut être perçu de l’extérieur, dans sa globalité ; il est alors considéré comme un tout. On parle ici d’un aspect global.


Je lus ton livre avec empressement. (On imagine bien que le procès a un début et une fin et ici, on le voit dans sa globalité)

Si le procès est envisagé de l’intérieur, à partir d’une des étapes de son déroulement, sans tenir compte réellement des bornes de début et de fin, on dit qu’on a de lui une vision « en coupe » ; on parle alors d’un aspect sécant.


Je lui racontais une histoire tous les soirs.

Il faut retenir que l’aspect sécant caractérise les verbes à l’imparfait, et s’oppose à l’aspect global du passé simple. Cette distinction est notamment très utile dans l’analyse d’un texte où ces deux temps alternent !

Le futur peut recevoir indifféremment les deux interprétations ; et le présent, étant par excellence le temps de la narration, est essentiellement sécant. Il peut éventuellement changer d’aspect dans des emplois rares, comme lorsque l’on parle du présent historique.

2. La notion d’aspect lexical

L’aspect est dans ce cas identifiable non pas dans la forme verbale, mais dans le sens du verbe lui-même.

a. Verbes perfectifs

Certains verbes comportent dans leur sens une limitation de durée. Pour se réaliser, les procès perfectifs doivent être envisagés jusqu’à leur terme.


Il mourut seul chez lui. (On ne meurt que quand on est mort, pas avant ; la limite s’impose d’elle-même si l’on veut que le procès se réalise !)

Ces verbes ne supportent logiquement pas de complément de durée : on ne peut pas « mourir longtemps ».

b. Verbes imperfectifs

A l’inverse, les verbes imperfectifs ne présupposent aucune limite de durée. Une fois le procès imperfectif commencé, il peut durer aussi longtemps qu’on le veut, jusqu’à ce que des circonstances en décident la fin.


Elles se voient souvent le dimanche.

3. Les périphrases aspectuelles

Les périphrases sont des formes verbales complexes, constituées d’un semi-auxiliaire conjugué, suivi d’un verbe à un mode non personnel.
Or, certaines d’entre elles sont utilisées pour exprimer un aspect particulier.

L’aspect duratif va ainsi s’exprimer à l’aide de la périphrase être en train de + infinitif : J’étais en train de prendre un bain.

L’aspect progressif s’exprime avec aller + gérondif : Ses résultats vont diminuant de trimestre en trimestre.

L’aspect inchoatif correspond à l’entrée dans le procès ; il s’exprime avec se mettre / commencer à/de + infinitif : Ils commencent à réviser dès maintenant / Ils se mettent à réviser dès maintenant.

L’aspect terminatif enfin correspond à la fin du procès et se caractérise par l’emploi de finir / achever / cesser de + infinitif : Je finis de me préparer et j’arrive !

Ne ratez pas le PDF : L’expression de l’aspect en français contemporain

Chansons·Civilisation

Petit Pays de Gaël Faye

 Originellement, Petit Pays est une chanson de Cesaria Evora qui rend hommage à son pays d’origine, le Cap Vert. L’air de sa chanson a ensuite été repris par Hocus Pocus, le groupe français qui rend hommage à leur petit pays à eux : la France. Gaël Faye, quant à lui, rend hommage au Burundi, le pays où il a vécu durant son enfance avec son père français et sa mère Rwandaise.

Paroles

Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya

Une feuille et un stylo apaisent mes délires d’insomniaque
Loin dans mon exil, petit pays d’Afrique des Grands Lacs
Remémorer ma vie naguère avant la guerre
Trimant pour me rappeler mes sensations sans rapatriement
Petit pays je t’envoie cette carte postale
Ma rose, mon pétale, mon cristal, ma terre natale

Ça fait longtemps les jardins de bougainvilliers
Souvenirs renfermés dans la poussière d’un bouquin plié
Sous le soleil, les toits de tôles scintillent
Les paysans défrichent la terre en mettant l’feu sur des brindilles
Voyez mon existence avait bien commencé
J’aimerais recommencer depuis l’début, mais tu sais comment c’est
Et nous voilà perdus dans les rues de Saint-Denis
Avant qu’on soit séniles on ira vivre à Gisenyi
On fera trembler le sol comme les grondements de nos volcans
Alors petit pays, loin de la guerre on s’envole quand ?

Gahugu gatoyi

Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya

Petit bout d’Afrique perché en altitude
Je doute de mes amours, tu resteras ma certitude
Réputation recouverte d’un linceul
Petit pays, pendant trois mois, tout l’monde t’a laissé seul
J’avoue j’ai plaidé coupable de vous haïr
Quand tous les projecteurs étaient tournés vers le Zaïre
Il fallait reconstruire mon p’tit pays sur des ossements
Des fosses communes et puis nos cauchemars incessants

Petit pays : te faire sourire sera ma rédemption
Je t’offrirai ma vie, à commencer par cette chanson
L’écriture m’a soigné quand je partais en vrille
Seulement laisse-moi pleurer quand arrivera ce maudit mois d’avril
Tu m’as appris le pardon pour que je fasse peau neuve
Petit pays dans l’ombre le diable continue ses manœuvres
Tu veux vivre malgré les cauchemars qui te hantent
Je suis semence d’exil d’un résidu d’étoile filante

Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya

Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya

Un soir d’amertume, entre le suicide et le meurtre
J’ai gribouillé ces quelques phrases de la pointe neutre de mon feutre
J’ai passé l’âge des pamphlets quand on s’encanaille
J’connais qu’l’amour et la crainte que celui-ci s’en aille
J’ai rêvé trop longtemps d’silence et d’aurore boréale
À force d’être trop sage j’me suis pendu avec mon auréole
J’ai gribouillé des textes pour m’expliquer mes peines

Bujumbura, t’es ma luciole dans mon errance européenne
Je suis né y’a longtemps un mois d’août
Et depuis dans ma tête c’est tous les jours la saison des doutes
Je me navre et je cherche un havre de paix
Quand l’Afrique se transforme en cadavre
Les époques ça meurt comme les amours
Man j’ai plus de sommeil et je veille comme un zamu
Laissez-moi vivre, parole de misanthrope
Citez m’en un seul de rêve qui soit allé jusqu’au bout du sien propre

Gahugu gatoyi

Gahugu kaniniya

Warapfunywe ntiwapfuye

Waragowe ntiwagoka

Gahugu gatoyi

Gahugu kaniniya x3

Petit pays

Quand tu pleures, je pleure

Quand tu ris, je ris

Quand tu meurs, je meurs

Quand tu vis, je vis

Petit pays, je saigne de tes blessures

Petit pays, je t’aime, ça j’en suis sûr

Gahugu gatoyi (petit pays)

Gahugu kaniniya (grand pays)

Warapfunywe ntiwapfuye (tu as été froissé mais tu n’es pas mort)

Waragowe ntiwagoka (tu as souffert mais la souffrance ne t’as pas abattu)

Gahugu gatoyi

Gahugu kaniniya

Civilisation

La publicité

La publicité, à quoi ça sert ?

  • À attirer, à accrocher
  • À séduire
  • À vendre
  • À faire acheter
  • À faire consommer
  • À informer
  • À faire connaître
  • À maintenir une image de marque
  • À faire changer d’habitude
  • À créer des besoins
  • À faire rire
  • À faire réfléchir

Critique de la publicité

  • Elle manipule les consommateurs
  • Elle crée des faux besoins
  • Elle cultive le plaisir hédoniste
  • Elle consolide la culture masculine
  • Elle entretient des préjugés
  • Elle exploite les stéréotypes
  • Elle augmente le prix du produit
  • Elle dérange
  • Elle pollue
  • Elle ment
Civilisation

Des moments de débat

C’est une tradition républicaine. Le débat de l’entre-deux-tours est devenu l’un des temps forts de la campagne présidentielle depuis 1974.

Voici quelques répliques passées à la postérité :

  • 1974, Le monopole du cœur. 1974. Exercice inédit à la télévision française : pour la première fois, les deux candidats du second tour de la présidentielle – Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand –, acceptent de débattre en direct devant les Français. Un échange largement marqué par les réparties de Valéry Giscard d’Estaing, dont une restée dans les annales. Alors que le socialiste reproche à la droite son manque de “cœur”, et une mauvaise redistribution des “fruits de l’effort national”, son adversaire l’accuse de verser dans le pathos : “Je trouve toujours choquant et blessant de s’arroger le monopole du cœur. Vous n’avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du cœur ! Vous ne l’avez pas… J’ai un cœur comme le vôtre qui bat à sa cadence et qui est le mien. Vous n’avez pas le monopole du cœur”. “… Sûrement pas”, glisse finalement, et à mi-voix, François Mitterrand. Valéry Giscard d’Estaing confiera plus tard dans son autobiographie, Le Pouvoir et la Vie : “Je crois que j’ai été élu président de la République, grâce à une phrase de dix mots : ‘Mais, monsieur Mitterrand, vous n’avez pas le monopole du cœur !’”.
  • 2007, “pour être président de la République, il faut être calme”. Les deux candidats de 2007 s’écharpent pendant leur débat sur les questions d’éducation. Ségolène Royal reproche à Nicolas Sarkozy de laisser de côté la prise en charge des enfants handicapés. Le ton de la candidate PS monte rapidement, elle veut faire valoir “une colère saine”. “Calmez-vous, calmez-vous. Ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé”, lui demande posément Nicolas Sarkozy, avant de relever : “Pour être président de la République, il faut être calme”.
  • 2012, une anaphore entrée dans l’histoire. À la question : “François Hollande, quel président voulez-vous être ?”, l’intéressé se lance dans une série de quinze anaphores : “Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai par les parlementaires de la majorité à l’Elysée. Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur. Moi président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti dans un hôtel parisien, etc…” La séquence s’étale sur trois minutes, et semble d’autant plus longue que Nicolas Sarkozy reste parfaitement silencieux. Deux jours plus tard, François Hollande a expliqué que c’est le silence de son adversaire qu’il l’a poussé à surenchérir : “J’aurais pu continuer longtemps, j’en avais. Il attendait que ça s’arrête et ça ne s’arrêtait pas, dans ses yeux je lisais : ‘Mais quand est-ce que ça va s’arrêter ?’, je pensais que c’est une information qui échappait aux Français !”
Chansons·Civilisation

France, Doc Gynéco

J’inspire les jeunes à œuvrer à travailler
À entreprendre et à s’marier
Dans l’but j’marque des buts pour atteindre mon but
Toujours au combat à la radio sur les plateaux télé
Besoin d’sérénité quand j’rentre à la maison
C’est l’repos du guerrier
Pas d’automatique ni d’poing américain
J’ai l’choix des moyens donne-moi des feuilles, un stylo, des musiciens
Pourquoi j’investis du temps, tant d’effort et d’argent pour l’honneur
Lui r’donner c’qu’elle m’a donné la France
Arrête de lui faire des bras d’honneur
T’as pas honte de pas pouvoir donner en retour
Et montrer ta reconnaissance, deuxième naissance
Illimitée dans tous mes sens
Tous motivés par l’intérêt
Mais l’intérêt n’est pas l’même
J’tiens ma parole comme promis pour la France entière et le XVIIIème
Pas d’stock-options j’suis un salarié
J’ai des congés payés, j’peux faire la grève et le pont

France ! Elle est tout l’temps en vacances ma France
Nous on râle tout le temps en France
On fait souvent la grève en France
T’as vu l’temps qui fait en France
Y a toujours une polémique en France
Nous on râle tout l’temps en France
(Quand on voit ce qui s’passe ailleurs)
On fait souvent la grève en France
On est quand même bien en France
Elle est tout le temps en vacances ma France
Nous on râle tout l’temps en France
On fait souvent la grève en France
On est quand même bien en France


On s’contredit on s’explique
Chacun selon son angle et sa personnalité
Tu aimes la trap1 et moi j’aime rapper
J’ai mon propre style ma musique
Tu travailles en banlieue moi en Afrique
Tout le monde n’est pas égal
Ne fais pas dans l’illégal
On est pas appelé à la même destinée
J’suis docteur et si t’as la rage j’ai un vaccin comme Pasteur
J’te fais peur, la peur te donne une force qui sommeille au fond d’toi
France, t’as un sentiment d’vengeance mais laisse passer
Convertis ta colère en bonté

Refrain

Hyper motivé j’ai ma propre communauté
Mais j’garde mon individualité
Mon bonnet est une parabole
Ma rime sent l’alcool
Mon État attends de moi des résultats
Intemporel, j’capte toutes les choses qui se sont passées
Qui existe et qui vont s’passer
Cabrel t’aime, t’aimais, et t’aimeras2
Bolloré3 nous demande de lire dans l’avenir
Pour acheter des actions et faire des placements
Doc rapportera, j’suis pas un devin ni un cartomancien4
J’suis un chanteur sain, pour moi le futur et le passé ne font qu’un

Refrain

Les symboles de la France

 Vocabulaire :
1 : la trap (ou trappe) est un genre musical issu du hip-hop au début des années 1990.
2 : Doc Gynéco fait ici référence à une chanson de Francis Cabrel sortie en 1994 intitulée « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai ».
3 : Doc Gynéco fait ici référence à Vincent Bolloré, industriel et homme d’affaires français qui est le PDG du groupe du même nom.
4 : personne qui devine l’avenir à l’aide d’un jeu de tarots.

Chansons·Société

Il changeait la vie, par Jean-Jacques Goldman

C’était un cordonnier, sans rien d’particulier
Dans un village dont le nom m’a échappé
Qui faisait des souliers si jolis, si légers
Que nos vies semblaient un peu moins lourdes à porter

Il y mettait du temps, du talent et du cœur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures
Et loin des beaux discours, des grandes théories
A sa tâche, chaque jour, on pouvait dire de lui
Il changeait la vie

C’était un professeur, un simple professeur
Qui pensait que savoir était un grand trésor
Que tous les moins que rien n’avaient pour s’en sortir

Que l’école et le droit qu’a chacun de s’instruire

Il y mettait du temps, du talent et du cœur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures
Et loin des beaux discours, des grandes théories
A sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui
Il changeait la vie

C’était une petit bonhomme, rien qu’un tout petit bonhomme
Malhabile et rêveur, un peu loupé en somme
Se croyait inutile, banni des autres hommes
Il pleurait sur son saxophone

Il y mit tant de temps, de larmes et de douleur
Les rêves de sa vie, les prisons de son cœur
Et loin des beaux discours, des grandes théories

Inspiré jour après jour de son souffle et de ses cris
Il changeait la vie

Pour les soignants du COVID

Proverbes sur le travail :

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

L’argent ne fait pas le bonheur.

Qui ne risque rien n’a rien.

Le temps c’est de l’argent.

Toute peine mérite salaire.

La fortune vient en dormant.

Il faut battre le fer quand il est chaud.

Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens.

Jean-Jacques Goldman avec Céline Dion

Livres

Comme un roman, de Daniel Pennac

Comme un roman est un essai de Daniel Pennac paru en 1992 aux éditions Gallimard.

Cet essai se veut à la fois un hymne et une désacralisation de la lecture, ainsi qu’une invitation à réfléchir à la manière pédagogique de l’appréhender. Il constitue ainsi une critique des techniques, exigences et recommandations de l’éducation nationale.

Daniel Pennacchioni, dit Daniel Pennac, né le 1er décembre 1944 à Casablanca au Maroc, est un écrivain français. Il a notamment reçu le prix Renaudot en 2007 pour son roman autobiographique Chagrin d’école.

Il a également écrit des scénarios pour le cinéma, la télévision et la bande dessinée.

EXTRAIT 1:

Les droits imprescriptibles du lecteur: 1. Le droit de ne pas lire. 2. Le droit de sauter des pages. 3. Le droit de ne pas finir un livre. 4. Le droit de relire. 5. Le droit de lire n’importe quoi. 6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible). 7. Le droit de lire n’importe où 8. Le droit de grappiller. 9. Le droit de lire à haute voix. 10. Le droit de nous taire.

EXTRAIT 2:

Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il partage avec quelques autres : le verbe “aimer” … le verbe “rêver”… On peut toujours essayer, bien sûr. Allez-y: “Aime-moi !” “Rêve !” “Lis !” “Lis ! Mais lis donc, bon sang, je t’ordonne de lire !” – Monte dans ta chambre et lis ! Résultat ? Néant. Il s’est endormi sur son livre. La fenêtre, tout à coup, lui a paru immensément ouverte sur quelque chose d’enviable. C’est par là qu’il s’est envolé. Pour échapper au livre. Mais c’est un sommeil vigilant : le livre reste ouvert devant lui. Pour peu que nous ouvrions la porte de sa chambre nous le trouverons assis à son bureau, sagement occupé à lire. Même si nous sommes monté à pas de loup, de la surface de son sommeil il nous aura entendu venir. – Alors, ça te plait ? Il ne nous répondra pas non, ce serait un crime de lèse-majesté. Le livre est sacré, comment peut-on ne pas aimer lire ? Non, il nous dira que les descriptions sont trop longues. Rassurés, nous rejoindrons notre poste de télévision. Il se peut même que cette réflexion suscite un passionnant débat entre nous et les autres nôtres … – Il trouve les descriptions trop longues. Il faut le comprendre, nous sommes au siècle de l’audiovisuel, évidemment, les romanciers du XIXe avaient tout à décrire … – Ce n’est pas une raison pour le laisser sauter la moitié des pages ! … Ne nous fatiguons pas, il s’est endormi.

EXTRAIT 3 :

— Il faut dire que nous lui avons interdit la télévision ! (Un autre cas de figure celui-là : l’interdiction absolue de télé. Résoudre le problème en supprimant son énoncé, encore un fameux truc pédagogique !) — C’est vrai, pas de télévision pendant l’année scolaire, c’est un principe sur lequel nous n’avons jamais transigé ! Pas de télévision, mais piano de cinq à six, guitare de six à sept, dans le mercredi, judo, tennis, escrime le samedi, ski de fond dès les premiers flocons, stage de voile dès les premiers rayons, poterie les jours de pluie, voyage en Angleterre, gymnastique rythmique… Pas la moindre chance donnée au plus petit quart d’heure de retrouvailles avec soi-même. Sus au rêve ! Haro sur l’ennui ! Le bel ennui… Le long ennui… Qui rend toute création possible…

 Nous faisons en sorte qu’il ne s’ennuie jamais. (Pauvre de lui…)

EXTRAIT 4 :

Dès qu’un livre finit entre nos mains, il est à nous, exactement comme disent les enfants : « C’est mon livre »… partie intégrante de moi-même. C’est sans doute la raison pour laquelle nous rendons si difficilement les livres qu’on nous prête.

EXTRAIT 5 :

Le droit de ne pas lire : Comme toute énumération de «droits» qui se respecte, celle des droits à la lecture devrait s’ouvrir par le droit de n’en pas user – en l’occurrence le droit de ne pas lire – faute de quoi il ne s’agirait pas d’une liste de droits mais d’un vicieux traquenard.

Pour commencer, la plupart des lecteurs s’octroient quotidiennement le droit de ne pas lire. N’en déplaise à notre réputation, entre un bon bouquin et un mauvais téléfilm, le second l’emporte plus souvent que nous aimerions l’avouer sur le premier. Et puis, nous ne lisons pas continûment. Nos périodes de lecture alternent souvent avec de longues diètes où la seule vision d’un livre éveille les miasmes de l’indigestion.

Mais le plus important est ailleurs.

Nous sommes entourés de quantité de personnes tout à fait respectables, quelquefois diplômées, parfois «éminentes» – dont certaines possèdent même de fort jolies bibliothèques – mais qui ne lisent pas, ou si peu que l’idée ne nous viendrait jamais de leur offrir un livre. Elles ne lisent pas. Soit qu’elles n’en éprouvent pas le besoin, soit qu’elles aient trop à faire par ailleurs (mais cela revient au même, c’est que cet ailleurs-là les comble ou les obnubile), soit qu’elles nourrissent un autre amour et le vivent d’une façon absolument exclusive. Bref, ces gens-là n’aiment pas lire. Ils n’en sont pas moins fréquentables, voire délicieux à fréquenter. (Du moins ne nous demandent-ils pas à tout bout de champ notre opinion sur le dernier bouquin que nous avons lu, nous épargnent-ils leurs réserves ironiques sur notre romancier préféré et ne nous considèrent-ils pas comme des demeurés pour ne pas nous être précipités sur le dernier Untel, qui vient de sortir chez Machin et dont le critique Duchmole a dit le plus grand bien.) Ils sont tout aussi «humains» que nous, parfaitement sensibles aux malheurs du monde, soucieux des «droits de l’Homme» et attachés à les respecter dans leur sphère d’influence personnelle, ce qui est déjà beaucoup – mais voilà, ils ne lisent pas. Libre à eux.

L’idée que la lecture «humanise l’homme» est juste dans son ensemble, même si elle souffre quelques déprimantes exceptions. On est sans doute un peu plus «humain», entendons par là un peu plus solidaire de l’espèce (un peu moins «fauve») après avoir lu Tchekhov qu’avant.

Mais gardons-nous de flanquer ce théorème du corollaire selon lequel tout individu qui ne lit pas serait à considérer a priori comme une brute potentielle ou un crétin rédhibitoire. Faute de quoi nous ferons passer la lecture pour une obligation morale, et c’est le début d’une escalade qui nous mènera bientôt à juger, par exemple, de la «moralité» des livres eux-mêmes, en fonction de critères qui n’auront aucun respect pour cette autre liberté inaliénable : la liberté de créer. Dès lors la brute, ce sera nous, tout «lecteur» que nous soyons. Et Dieu sait que les brutes de cette espèce ne manquent pas de par le monde.

En d’autres termes, la liberté d’écrire ne saurait s’accommoder du devoir de lire.

Le devoir d’éduquer, lui, consiste au fond, en apprenant à lire aux enfants, en les initiant à la Littérature, à leur donner les moyens de juger librement s’ils éprouvent ou non le «besoin des livres». Parce que, si l’on peut parfaitement admettre qu’un particulier rejette la lecture, il est intolérable qu’il soit – ou qu’il se croie – rejeté par elle.

C’est une tristesse immense, une solitude dans la solitude, d’être exclu des livres – y compris de ceux dont on peut se passer.

Civilisation

Les limites de la politique en France

La politique c’est le lieu du pouvoir. Le pouvoir dans une démocratie est limité. Voici quelques-unes de ces limites.

Le Conseil Constitutionnel:

Le financement des partis :

https://www.lumni.fr/video/comment-sont-finances-les-partis-politiques

Le quatrième pouvoir :

https://www.lumni.fr/video/les-journalistes-sondeurs