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Mai 68

 Les années 1960 sont tout d’abord marquées par une explosion universitaire. En 1967, ils sont plus de 500 000 étudiants, soit 2,5 fois plus que 7 ans avant.

Les protestations pour l’insuffisance de moyens se commencent et, le 2 mai, l’université de Nanterre est fermée. Les étudiants qui y protestaient décident donc de se retrouver à la Sorbonne.

Le 3 mai 1968, la cour de la Sorbonne est occupée par plus de 400 manifestants. L’évacuation de force des policiers, normalement interdite en milieu universitaire, provoque l’escalade.

Le Premier Ministre Pompidou est parti le 2 mai, et ne revient que le 11 mai. Il prend alors des mesures d’apaisement, décide la réouverture de la Sorbonne et la libération des manifestants enfermés. Mais désormais les étudiants demandent bien plus, et bien autre chose que ces simples mesures.

 

Dès le début des années 60, l’anticolonialisme marque les esprits, notamment des étudiants. Cet anticolonialisme se transforme en anti-impérialisme.

La guerre du Vietnam est l’occasion de protester contre cet impérialisme. C’est aussi l’époque de l’émergence de figures internationales, symboliques de l’engagement révolutionnaire  et de nouvelles idéologies : Hô Chi Minh, Fidel Castro, Che Guevara.

Au cours des mois de mai et juin 1968, près de 1100 manifestations ont lieu, en seulement 43 jours.

Des barricades sont construites rue Gay-Lussac, mais sans avoir été commandées par les organisateurs de la manifestation. En fait, les cadres organisationnels ne maîtrisent pas les événements.

Ces derniers sont relayés par les médias, en particulier les voitures radio d’Europe 1 et RTL, contribuant à la dramatisation du conflit, et à en faire un enjeu national.

Les répressions contre ce mouvement ont lieu jusqu’à 5h30 du matin. Une solidarité se crée alors entre les manifestants, l’opinion publique, et les syndicats ouvriers.

Les occupations de locaux par les manifestants commencent le 11 mai 1968 au centre Censier. C’est au tour de la Sorbonne le 13 mai d’être occupée, lorsqu’elle est rouverte. A la Sorbonne, le comité d’occupation qui a pris le contrôle des lieux est l’objet de luttes d’influences, parmi les différents acteurs du mouvement.

Les comités d’action sont des groupes improvisés, par opposition à la bureaucratie. Ils sont particulièrement nombreux au cours de Mai 68. Les principes défendus sont parfois d’inspiration anarchiste ou marxiste. Leur combat est antiautoritaire, pour une démocratie directe, contre la hiérarchie et les institutions.

Du côté des travailleurs, Il y eut en mai et juin 1968 plus de 7 millions de grévistes.

Plusieurs mesures sont prises, comme le relèvement du SMIG de 35%, la hausse générale des salaires de 10%, en deux temps, et des mesures en faveur de la représentation générale. Cependant, les grévistes refusent ces conclusions lorsqu’elles leur sont présentées le 27 mai.

Mai 68 est aussi un soulèvement général contre l’ordre du monde social. Le mouvement met en cause plusieurs rapports : légitime/illégitime, normal/déviant, possible/impossible, gouvernants/gouvernés. Dans ce dernier rapport, c’est tous les rapports de domination qui se jouent aussi : responsables syndicaux/travailleurs, décideurs/exécutants, créateurs/consommateurs, etc.

 

Pour K. Ross, c’est une “fuite face aux déterminations imposées par la société”.

L’égalité est une valeur érigée contre l’autorité. Cette égalité transparaît dans le droit de parole accordé dans les comités d’action à chacun, dans la rencontre non-condescendante entre étudiants et ouvriers.

Mai 68 fut pour Bourdieu un moment où fut suspendue l’adhésion à l’ordre établi. La découverte de l’arbitraire, qui fondait l’ordre établi, provoque un moment inouï, où les hommes prennent conscience de cet arbitraire et décident d’en sortir, ou du moins de le suspendre

Dans un entretien publié en 1988, Cohn-Bendit analyse en ces termes Mai 68 : “Par sa forme, c’est le premier mouvement moderne des sociétés industrielles avancées et dans son expression, c’est la dernière révolte révolutionnaire du passé. Les deux aspects sont mélangés. Je crois que 1968 a fondamentalement annoncé toutes les révoltes qui poussent vers l’autonomie, la société civile des individus, et la transformation complète de la société !

Raymond Aron, sur mai 68, la gauche et la droite:

 

Slogans :

Nous ne voulons pas d’un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui

Élections, piège à cons

Il est interdit d’interdire

L’imagination prend le pouvoir !

Non à l’Etat policier !

On achète ton bonheur. Vole-le

Tout est politique

Prenez vos désirs pour la réalité

Soyez réalistes, demandez l’impossible

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